RÉUNION EXTRAORDINAIRE : « MIEUX QUE RIEN, MAIS TOUJOURS PAS GRAND CHOSE ! »


Réuni.e.s ce matin en session extraordinaire du Conseil de Fac, les élu.e.s Sud/Solidaires étudiant.e.s, qui avaient initié la tenue de cette réunion avec l’appui des autres élu.e.s du collège étudiant.e.s ont tenu à rappeler la situation pour laquelle ils/elles faisaient appel au Conseil.

En effet, comme nous l’avions déjà fait remarquer, il y aujourd’hui un constat qui ne peut être discuté : beaucoup d’étudiant.e.s n’habitent pas sur Lille et se trouveront dans une situation délicate face à la tenue des examens de la semaine prochaine, du fait de la grève du rail.

Le discours de la présidence, découvert hier soir dans un visuel envoyé aux usager.e.s vient renforcer nos inquiétudes : elle ne fait référence à aucune arrivée tardive possible, ou même report ou session spéciale. Sa seule réponse : les étudiants doivent prendre leurs dispositions. (Comprenez : démerdez-vous).

Il est clair, comme nous avons tenu à le rappeler, qu’elle ne fait aucun effort, aussi minime soit-il pour assurer un minimum de confort aux étudiant.e.s touché.e.s par la grève des transports ferroviaires, ce qui entraîne, à notre sens, une situation d’inégalité devant le service public.

Certes, la grève du rail est annoncée depuis quelques semaines, mais les modalités et les informations exactes de la grève viennent de tomber, et nous n’avions pas connu une telle situation de blocage depuis longtemps, certaines lignes ne circulant pas du tout. (Ce qui politiquement n’est pas pour nous déplaire, mais créée une situation difficile pour les étudiant.e.s).

Dans un tel contexte, la solidarité des étudiants n’est pas à remettre en cause, des personnes ont proposé, il est vrai, un endroit où dormir, ou au besoin, une place dans leur voiture. Mais la simple solidarité de quelques un.e ne peut-être conçue comme une solution viable et ne permet pas d’assurer la présence de tous et toutes aux examens.

C’est pourquoi il nous a paru décisif et nécessaire de convoquer une réunion de Conseil extraordinaire qui n’a pu avoir lieu en tant que Conseil de faculté pour des raisons de délais statutaires, mais comme réunion extraordinaire du Conseil (nuance) . Ainsi, l’aménagement des examens pouvait constituer selon nous, l’importance d’une solidarité avec les étudiant.e.s ne pouvant se rendre aux épreuves ou passant leurs épreuves dans des conditions de vie stressantes, impropres à se rendre dans de bonnes conditions aux examens. Nous pensons surtout aux étudiant.e.s boursier.e.s de la région faisant les aller-retours chaque jour en train, de manière gratuite, et ne pouvant prendre de moyens de transports alternatifs ou de logements temporaires, du fait de leur précarité.

D’autre part, et nous l’avons bien vu ces dernières semaines, la faculté est sous tension, sous la pression du mouvement social qui peut affecter aussi, cette fois, la totalité des étudiant.e.s si des perturbations arrivaient les jours d’épreuves déjà établies, notamment sous la menace d’attaques fascistes, que craignent un certain nombre de nos camarades.

En tant qu’élu.e.s, nous nous devions d’intervenir pour trouver des solutions aux difficultés des étudiant.e.s.Nous avons donc commencé par proposer au conseil des solutions (du minimum vital au maximum revendiquable) qui pourraient y remédier, celles-ci sont les suivantes :


1 – Il est primordial à minima d’autoriser une arrivée tardive des étudiant.e.s aux examens, comme l’expérience en avait été faites pour les épreuves de baccalauréat de 2014, afin d’assurer un service minimum. Cependant cette option constitue une rupture d’égalité importante sur les temps d’épreuves, où l’étudiant ne peut réussir son épreuve de manière optimale, la note s’en fera forcément ressentir. De plus pour les épreuves d’une heure se déroulant le matin il est sur que le retard sera au final une absence. Elle est donc minimum, mais très insuffisante.


2 – Organiser des sessions exceptionnelles (avec la certitude que ces sessions seront réellement établies).

3 – Nous pourrions valider les semestres par défaut à 10/20 en L1 et L2, -12/20 en L3 (du fait de la situation de sélection en M1) et de même en M1. Avec préservation du bénéfice du contrôle continu (ce qui ferait 10/20 ou 12/20 + les notes de TD pour les épreuves où l’étudiant.e.s n’a pas pu assister.

4- Accorder un 10/20 minimum à toute personne ne se présentant pas mais de maintenir la tenue des partiels pour ceux qui arriveraient à venir.

5- Réaménager les examens sur les jours non touchés par la grève et/ ou les déplacer surtout en après midi.

6 – Permettre des examens sous forme de devoir-maison par mail/moodle pour les étudiants empêchés


Après cet exposé, de nombreux débats ont eu lieu (pour certains très stériles sur le blocage et ses motivations), avec l’idée majoritaire (il faut bien le dire) que l’annulation des examens ne pouvait constituer une option, et que cela ne servait à rien d’en débattre. (On vous laisse deviner les plus virulents/réactionnaires sur la question).


Voyant que nous ne pourrions pas faire passer cette mesure maximum, et considérant qu’un pas en avant « vaut mieux que mille programmes » nous avons quand même défendu l’idée de certain.e.s professeur.e.s et représentant.e.s du personnel proposant la justification immédiate des absences des étudiant.e.s en partiels les jours de grèves (sur envoie d’une déclaration sur l’honneur à l’adresse à la scolarité). Néanmoins, cette initiative, certes bienveillante, mais sanctionnant tout de même les absences d’une défaillance, nous avons poussé pour à minima obtenir le bénéfice du contrôle continu (si favorable à la moyenne de l’étudiant) en rattrapages pour les étudiant.e.s concerné.e.s par cette justification. A noter qu’une lettre à été rédigée à l’attention des jury, souverains sur les résultats des étudiant.e.s en ce sens. Alors, admettons, la méfiance est de rigueur, mais en théorie, c’est déjà ça de pris.


En outre, le Doyen et son équipe ont notamment proposé la mise en place d’un service solidaire de partage d’hébergement qui sera bientôt envoyé aux étudiant.e.s sous forme de formulaire à remplir, afin d’être associé.e.s entre demandeur/euse d’hébergement sur Lille et proposant.e.s un logement. (On vous invite à vous y inscrire, ça peut rendre service.)

 
Bien sûr, au total, les délibérations ne sont que des mesurettes, qui ne solutionnent en rien l’inégalité devant le service public que créée la situation. C’est pourquoi nous ne pouvons pas en être satisfait.e.s, l’annulation des examens ou la remise de devoir-maison par mail ayant été beaucoup plus adéquat, à notre sens. On ne peut pas, toutefois, cracher dans la soupe pour les effets bénéfiques que ces aménagements auront à destination des étudiant.e.s concerné.e.s.

En soit, donc, si nous devions faire un bilan très simple de ce conseil nous dirions ceci : c’est mieux que rien, ouais, mais c’est toujours pas grand-chose.

 

Sud/Solidaires (ex) Lille 2

 

Elu.e.s étudiant.e.s FSJPS :

Elodie Cloez (L2 Science Po), Rémy Bretton (L3 Science Po), Claire Cathelain (L3 droit)

 

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