Un droit opposable au logement pour les étudiants ?


Depuis quelques jours, à l’appel de l’association des enfants de Don Quichotte et d’associations impliquées de longue date dans la question du logement tel que le DAL, une quinzaine de tentes se sont installées sur Lille (à proximité de la maison folie de Wazemmes).

Cette action symbolique, qui a pour but de mobiliser les citoyens sur la question des mal et des non logés, nous amène à reparler de la question du logement étudiant.

Chacun sait que la situation du logement étudiant, que ce soit sur la métropole ou au niveau national, est catastrophique. Le lecteur régulier de notre site ou le simple étudiant lillois attentif à ce qui se passe sur cette question, sait que nous militons depuis longtemps pour obtenir des autorités la construction à la hauteur des besoins et que nous intervenons concrètement pour aider les étudiants en difficulté.

Trop souvent, les étudiants bien logés ignorent qu’une partie de leurs camarades sont sans domicile fixe. Nous qui rencontrons presque au quotidien des personnes en situation extrèmement difficile, nous portons une grande attention à la situation politico-médiatique actuelle sur cette question.

Depuis quelques mois, les associations d’aide au logement avancent l’idée de droit au logement opposable, c’est à dire que toute personne ayant besoin d’un logement se verrait garantir l’accès au logement. Ce qui obligerait les acteurs publics a des investissements importants dans la construction de nouveaux logements. Cette proposition a été reprise par le PS et l’UMP (les deux partis qui ont une forte probabilité de remporter les élections présidentielles). Le gouvernement, suite au rapport du haut comité pour le logement, a déclaré préparer un texte de loi sur le sujet et la plupart des partis politiques français ont signé la charte du canal Saint Martin (seuls deux partis particulièrement réationnaires, le FN et le MPF ne l’ont pas signée).

La candidate Ségolène Royal a promis un service public de la caution. Le problème des cautions a été jugé très important par tous les étudiants qui étaient impliqués dans les mouvements sur le logement ces dernières années, c’est aussi une revendication ancienne de SUD étudiant, le problème du garant reste malheureusement entier. Esperons que si elle est élue, la présidente Ségolène Royal respecte les promesses faites par la candidate Royal.

Bien sûr, nous ne sommes pas naïfs. Cet empressement des politiques sur le sujet est fortement lié à l’imminence de l’élection présidentielle couplée à l’arrivée du froid que l’association des enfants de Don Quichotte a su correctement utiliser pour mettre en lumière la gravité de la situation. Mais de telles déclarations devront, quel que soit le résultat de la future élection, être suivies de mesures concrètes.

Actuellement, personne ne parle de la situation des étudiants mal logés et non logés. Pourtant, ils pourraient être très nombreux à être concernés par ce concept de droit opposable au logement. Cela pourrait obliger les autorités à financer le CROUS suffisament, afin qu’il puisse mener les nécessaires programmes de construction de résidences universitaires.

Afin de satisfaire les besoins les plus urgents, c’est au moins 500 000 chambres qu’il faut construire dans les 5 ans. Sans compter les rénovations et le passage de chambres de 9m² à 12 m² qui entraine une réduction d’1/3 du nombre de chambres par bâtiment et donc nécessite de construire de façon systématique pour juste maintenir le parc.

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