Après le PRES, l’argent ?


Le PRES (pôle de recherche et d’enseignement supérieur) a été officiellement lancé le lundi 16 février dans les locaux de Lille2.

Le PRES, né des pressions gouvernementales associe l’ensemble des universités de la régions et l’essentiel de l’enseignement supérieur régional hors université a en théorie pour rôle de renforcer les coopérations entre établissements.

Bien sur tout le monde est d’accord pour améliorer la coopération entre les différents acteurs publics de l’enseignement supérieur mais la méthode a de quoi choquer.

En effet, la nature de la structure a été imposée par le ministère et sa gouvernance aussi.

Cette méta-structure est un véritable déni de démocratie. Une université, Lille1 par exemple a du désigner 3 membres issus du conseil d’administration pour y siéger. La loi LRU a déjà considérablement affaibli la démocratie universitaire en réduisant drastiquement son nombre de représentants et renforcé le pouvoir du président et là on prend 3 représentants de cette communauté pour la représenter.

Quand on sait que d’année en année les décisions du PRES vont se substituer aux décisions des universités, toute personne attachée à la démocratie universitaire est en droit de s’inquiéter.

Pourquoi les universités se sont elles donc engagées là dedans ?

C’est simple le ministère, structure qui décide de l’attribution des crédits de l’université, a fait pression. Et puisque ces pressions « amicales » n’ont pas suffies, le ministère s’est clairement livrée au chantage. Il a conditionné les financements du plan Campus à la création du PRES.

La communauté universitaire est contrainte de céder a tout les caprices ministériels alors même que le ministère ne tient aléatoirement ses promesses.

L’argent promis du plan Campus n’arrivera probablement jamais dans sa totalité et la communauté universitaire ne cessera probablement pas de sitôt d’être soumis aux instructions contradictoires et très idéologiques du ministère.

Pour fonctionner correctement, en accord avec ces différentes missions, l’université française doit disposer de financements publics réguliers autrement plus importants et d’une véritable indépendance par rapport au pouvoir politique et économique.

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