Gadgets et populisme


Nicolas Sarkozy a grand renfort de communication tente de faire oublier l’immense précarité se développant au sein des universités et chez toute cette frange de la jeunesse qui a du renoncer aux études supérieures.

En effet, il y a des mesures potentiellement positives elles bien souvent tuées dans l’œuf.

Quelques exemples :

-* Le gouvernement fait le constat que ceux qui doivent arrêter leurs études à 16 ans sortent pour beaucoup sans qualification, la réponse logique, progressiste et adaptée à l’évolution de la société face a ce problème serait de faire passer l’age minimal de scolarisation obligatoire à 18 ans. Au lieu de cela on parle d’une sortie possible si la personne trouve un emploi. Aucun mineur ne devrait être privé de son droit à l’éducation. Une occasion manquée.

  • Les stagiaires sont devenus une vraie main d’œuvre quasi gratuite pour bon nombre d’entreprises. Cela enferme les jeunes diplômes durablement dans la précarité, tire vers le bas les droits sociaux et remplace des emplois corrects. Un encadrement strict limitant l’usage des stages aux enseignements universitaires et obligeant a la rémunération serait une mesure saine, mais le gouvernement se gardera bien d’imposer aux entreprises les plus irresponsables socialement des contraintes susceptibles de réduire leur rentabilité.
  • Petite mesure positive, le passage des bourses à 10 mois, mais vu le niveau des bourses…
  • Au lieu de supprimer l’inutile et couteux intermédiaire privé entre les étudiants et la sécurité sociale et d’imaginer une système de santé qui rembourse la totalité des dépenses de santé (ce qui est possible sans augmenter les cotisations si on supprimes les multiples exonérations de cotisation sociale offertes sans raison aux entreprises), le gouvernement préfère financer en partie les cotisations illégitimes que les étudiants doivent payer aux mutuelles.

Et pour finir dans les idées fumeuses de personnes nageant dans la malhonnêteté intellectuelle, Arnaud Robinet, député UMP de la Marne, propose de mettre en place le vote par Internet pour les élections universitaires. Officiellement le but est d’augmenter le taux de participation. Sauf que l’effet sera inverse et que c’est exactement le but de Monsieur Robinet, marginaliser encore plus la démocratie étudiante et au passage jeter la suspicion sur le personnel universitaire qui s’occupe de l’organisation des élections. Cette mesure populiste vise aussi a contester la légitimité d’élus étudiants qui comme le reste de la communauté universitaire ont massivement contestés la très idéologique loi LRU et ces funestes conséquences sur les universités.

L’argument de fiabilité parait plus que discutable après les problèmes posés récemment par les machines à voter et avec ce système l’anonymat du vote ne sera jamais réellement garanti et la fraude sera facilitée.

Le pouvoir essaye aussi de placer un système éventuellement utilisable pour tenter de briser les mouvements de grèves sur les universités, mais ces consultations éventuelles organisées en dehors des assemblées générales n’auront aucune légitimité, en période de mouvement seul l’assemblée générale décide des modalités d’actions.

 

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