Plan campus, les choses se précisent


Le ministère a finalement accordé au projet lillois la somme de 110 millions d’euros. Ce qui est bien moins que ce qu’espéraient les directions des universités.

Nous avons déjà explicité les problèmes posés par la logique du plan campus, mais l’argent de ce petit plan sera tout de même apprécié dans les universités lilloises qu’un sous-financement chroniques n’a pas permis de rénover depuis longtemps. La logique inhérente au plan est plus que discutable et le renforcement de la concurrence entre universités accélère l’affaiblissement de l’esprit de coopération alors même qu’il faudrait le renforcer n’est pas de nature a aider l’enseignement supérieur français.

Quelques éléments qui si ils se réalisent réellement seraient des effets positifs du plan campus :

  • La fin des universités thématiques et donc l’avènement d’une université réellement universelle.
  • Amélioration de la cohérence de l’offre de formation de la métropole (reste a espérer que certains enseignements jugés non rentables par le pouvoir économiques ne seront pas supprimés dans cette mise en cohérence).
  • Création de 1300 chambres CROUS (juste un rattrapage du retard de Lille par rapport aux taux de logement CROUS des autres zones universitaires et chacun sait que la situation dans le reste du pays n’est pas satisfaisante). Et des rénovations sont promises.
  • Des rénovations de locaux, des extensions et quelques nouveaux bâtiments.
  • Des pistes cyclables et le développement des transports doux et collectifs.

Quelques éléments d’inquiétude :

  • La réduction démocratique : un nombre d’élus pour le nouvel ensemble sera le même que celui de chacune des universités actuelles. Donc une division par 3 du nombre d’élus. La loi LRU a fortement réduit la démocratie dans les universités, la fusion l’accentuera bien plus. On crée de la distance entre les élus et ceux qu’ils représentent, ce qui induit une baisse de la capacité des conseils a représenter la communauté universitaire et une baisse des possibilités d’interaction des élus avec ceux qu’ils représentent.
  • Une mise en place qui se fait sous l’égide du très contesté PRES, on imagine aisément que son travail ne sera pas guidé par l’intérêt de la communauté universitaire.
  • Une omniprésence du pouvoir économique dans l’élaboration du projet et on connait sa funeste influence que ce soit dans le domaine de la recherche ou de l’enseignement. Son ignorance du fonctionnement réel des universités ou de leurs valeurs n’est plus a démontrer.

Le passage vers ce nouvel ensemble vas être particulièrement délicat et la tentation sera forte pour les nouveaux dirigeants de faire table rase des maigres acquis sociaux existants au sein de chacune des universités et la vigilance des organisations syndicales devra être particulièrement aiguisée pour tirer le meilleur de cet événement.

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