Réunion des 3 conseils de Lille 2 du 24 mai 2013


Cette réunion commune du CA, du CEVU et du CS a été appelée par la Présidence pour « échanger » sur les « orientations stratégiques de l’université » dans le cadre du nouveau « contrat quinquennal » liant l’université et le Ministère. Cette réunion a aussi lieu en plein débat parlementaire sur la nouvelle loi cadre sur l’enseignement supérieur et la recherche dite « Loi Fioraso ».

Nous avons eu droit à 3 discours : un discours du Président sur la gouvernance, un discours du Vp CEVU sur la formation et la vie étudiante et un discours du VP CS sur la « valorisation de la recherche »(sic). Vous trouverez en pièce jointe le diaporama envoyé par la Présidence. Nous n’avons ici noté que les points et les interventions qui nous ont semblé « clés ».

Sur la gouvernance, le Président a pointé « la culture facultaire très forte », un nombre élevé de composantes, un absentéisme élevé des élus étudiants dans les conseils. En gros des fusions de composantes en vue. Il compte d’ailleurs sur les « opportunités » de la nouvelle Loi sur l’Enseignement Supérieur : « conseil académique »(fusion CEVU/CS), « communauté d’universités », modifications des statuts des composantes.

Le Président applique ensuite son discours paradoxal, vantant la gestion exemplaire de l’université tout en pointant le manque de moyens : le Ministère reconnaît un déficit de 450 postes (8 millions d’euros) pour l’Université Lille 2. Il vante la présence et la contribution du « monde socio-économique » (du patronat) aux instances de l’université et à l’offre de formations ce qui fait soupirer l’élu SUD et le SNESup.

Le SNESup pense que faire une réunion des 3 conseils, c’est bien mais il manque une dimension importante dans la présentation : un chapitre sur le dialogue social. De plus tout ça c’est très beau mais 2 choses les inquiètent (et nous aussi) :

  • le fait que les lieux de décision ne sont plus en interne de l’université avec un pouvoir accru de la région et la création de l’espace « stratégique et prospectives »(EPS) avec le patronat et en excluant les syndicats ;
  • les moyens humains et financiers restent insuffisants ; SUD pose la question de la politique « handicap », encore très insuffisante par rapport à Lille 1 et 3.

    Un représentant du Crédit Mutuel nous sort le discours patronal habituel : « qui paye, décide », « Nous ne pouvons plus attendre d’aide de l’Etat, quelque soit le gouvernement », « il faut des objectifs chiffrés ».

    Un élu InterAsso dit que le « monde étudiant » est oublié. Il dit que les financements du FSDIE Associations diminuent et que les étudiants ne se sentent pas appartenir à l’université. Aujourd’hui, le but de l’étudiant est, selon lui, d’avoir un diplôme et un métier et non de vivre dans l’université et de la « représenter fièrement ». La présidence répond que c’est son objectif.

    Un élu UNEF se félicite des avancées en terme de services aux étudiants et de dialogue social mais pointe des efforts à faire au niveau des exonérations de frais d’inscription. Il propose une commission avec des étudiants et des assistantes sociales sur ce sujet.

    Enfin, last but not least, le SNESup critique l’obsession pour « l’insertion professionnelle » : « trouver un métier, ce n’est pas le rôle de l’université, il y a déjà un service public pour ça qu’on appelle Pôle Emploi ». SUD plussoie l’intervention (mais on ne nous a pas donné la parole pour rebondir). Par contre, le représentant du Crédit Mutuel pète littéralement un câble en se cassant de l’Amphi et limite en accusant l’élu SNESup d’être responsable du chômage de masse.

    Confronté à la faim et à la fatigue, après 3h15 de réunion, et constatant une grave hémorragie des participants, notre élu, incapable de comprendre les 3 premières phrases du discours du VP CS, décide lui aussi de prendre la porte.

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