Démocratie à l’université


Les élections étudiantes dans les universités sont souvent très mal organisées et traduisent parfois un véritable mépris de la part de l’administration universitaire à l’égard des étudiant-e-s. Ces élections se déroulent principalement sur une journée au cours de laquelle les étudiant-e-s sont assailli-e-s par des représentant-e-s associatifs et syndicaux. Les professions de foi sont distribuées massivement, la plupart du temps sans aucun contact avec les étudiant-e-s. Les universités se transforment très vite en dépotoir, les milliers de tract diffusés ne finissant pas toujours dans les poubelles. Il est effarant de voir que la plupart des étudiant-e-s n’en savent toujours pas plus à la fin de ces élections sur les conseils centraux. L’information, l’expression et la transparence sont trop peu favorisées par l’université pour qualifier ces élections de « démocratiques » :un pays organisant ses élections de cette manière ne serait d’ailleurs pas qualifier de « démocratique ». Le cas des élections aux conseils centraux de Lille1 du jeudi 2 décembre 2004 est à ce titre édifiant :l’université s’est contentée d’un minimum consistant à afficher les procès verbaux sur les murs des principaux bâtiments début novembre, à annoncer les élections par courrier à une majorité d’étudiant-e-s, à recenser les listes du 16 au 23 novembre et à offrir « gracieusement » 10000 photocopies des professions de foi à chaque organisation candidate quatre jours avant les élections !

En conséquence, il est proposé :

  • de démarrer le processus d’inscription des listes au moins deux mois à l’avance auprès du service juridique
  • d’organiser une demi-journée banalisée qui permettra à l’ensemble des organisations candidates de se présenter et d’expliquer leurs objectifs pour l’université. Cette demi-journée se déroulerait sur deux heures et l’après-midi pour éviter un effritement de l’assistance. Elle se déroulerait en amphithéâtre sur des séances de 20/30 minutes dévolues à chaque organisation selon un principe de rotation adaptée défini par l’administration. 4/5 amphithéâtres pourraient être choisis chacun dans un des gros bâtiment du campus (à lille1 en tout cas). Le service de la vie étudiante ou le service juridique pourrait veiller à l’égalité dans le temps de parole. Un temps de 5/10 minutes pourrait être dévolu aux questions après la présentation. Seul-e-s des étudiant-e-s de l’université seraient amené-e-s à présenter leur association et ses projets ; les listes étant déjà pré-définies, l’administration serait amenée à contrôler (carte d’étudiant-e) qui se présente à la tribune. Les débats entre organisation devront être évités pour éviter pugilat et effritement de l’assistance, seules les questions sont autorisées.
  • d’envoyer à chaque étudiant-e un courrier annonçant les élections, les définissant, annonçant la demi-journée banalisée et accompagné de toutes les professions de foi.
  • de fournir au moins un mois à l’avance les 10000 professions de foi.
  • d’annoncer les élections étudiantes et leur modalité lors de chaque pré-rentrée d’une formation, par le biais de la secrétaire pédagogique.
  • d’afficher avec les procès-verbaux les professions de foi.
  • de fournir à chaque organisation élue un local avec un bureau, une chaise, une armoire, une ligne téléphonique et un ordinateur équipé d’internet, ce qui permettrait aux élu-e-s d’assumer plus facilement leurs tâches de représentation.
  • de garantir à chaque étudiant-e élu-e une photocopie du cours qu’il manquera régulièrement en raison de ses tâches de représentation.

Ce texte permettra de rendre l’université plus transparente dans son organisation et ses injustices, de la rendre plus « démocratique » et par-là même, il permettra d’impulser plus facilement les luttes futures.

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