Déshabiller les lycées pour masquer le déshabillage de l’université


Alors même que nombre de lycées sont mobilisés en France contre les suppressions de postes et les fermetures de classes, le gouvernement a l’idée lumineuse de vouloir affecter des enseignants du secondaires à l’université.

Le prétexte avancé : améliorer la transition lycée/université.

Derrière le prétexte de transition lycée/université , qu’en est il réellement ?

Tout d’abord, il faut s’interroger sur ce fameux problème de la transition lycée/université et de ce non moins célèbre problème d’échec en premier cycle.

Bien que ce problème soit considérablement surévalué (la France est classé troisième, après le Japon et la Belgique en terme de taux de réussite universitaire selon l’OCDE, on est donc loin sur ce domaine d’être de mauvais élèves), le problème existe et il réside principalement dans les capacités d’encadrement en première et dans une moindre mesure en seconde année universitaire, capacité d’encadrement directement liée aux moyens matériels et humains mis à disposition des universités par le ministère.

Pourquoi aller chercher ces moyens humains manquants au sein des lycées ?

L’idée du gouvernement est de jouer sur les statuts des personnels, les enseignants du secondaires ont des missions très différentes des enseignants-chercheurs. Alors que l’un ne fera que de l’enseignement, l’autre consacre la moitié de son temps à la recherche.

Cela existe déjà, par le passé il y a eu recrutement de quelques enseignants du second degrès pour pallier le manque de personnel d’enseignement et la méthode était déjà très critiquée, mais là à-priori on passe a un niveau supérieur, il s’agit de changer d’échelle et de remplacer de façon massive des enseignants-chercheurs par des personnels uniquement enseignants.

Ce faisant, on transforme radicalement l’esprit de l’université. Le couplage enseignement-recherche est le cœur de la démarche universitaire et sa grande force. En mettant devant les étudiants des personnes uniquement enseignantes, on brise la logique universitaire.

Le but est de créer la séparation des 2 missions et donc de permettre l’émergence d’université au rabais, incapable de dispenser un enseignement dépassant le niveau licence, sorte de lycée technologique du supérieur (en gros la même erreur que les IUT censés accueillir les baccalauréat technologiques pour leur offrir une formation courte et qui du fait de l’encadrement pédagogique supplémentaire sont devenues des voies d’entrée haut de gamme pour les études supérieures, sauf que cette fois ci on ne mettra pas des enseignants-chercheurs pour être sur que le niveau reste bas), on aura donc en France quelques pôles d’excellence, une petite dizaine, qui pourront offrir un enseignement complet jusqu’au doctorat sur une ou deux thématiques et un ensemble de petites universités qui s’arrêteront à la licence sans aucun lien avec la recherche.

Cela n’aurait pas été possible sans la mise en place préalable de la loi LRU qui rend responsable les université des problèmes dont l’état par son désengagement est en fait le coupable.

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