Mobilisation grandisante sur les universités


La coordination nationale des enseignants-chercheurs qui s’est tenue hier à la Sorbonne a décidée la grève illimitée afin d’obtenir l’abandon du projet du statut des enseignants-chercheurs (décret de 1984).

En effet, ce projet montre bien le mépris du gouvernement actuel pour l’université et sa caractéristique essentielle qu’est le couplage enseignement-recherche.

Actuellement les enseignants-chercheurs passent la moitié de leur temps à enseigner et la moitié du temps à chercher. Celle mission fondamentalement double d’enseignement et de recherche est la grande force de l’université, cela permet un enseignement sans cesse mis à jour au fil des découvertes nouvelles.

Le problème c’est que nos élites, issues des grandes écoles, ne comprennent rien a ce fonctionnement et le considèrent avec mépris et souhaitent sa disparition.

Entendons nous bien, les enseignants-chercheurs ne réclament pas le statut quo, ils n’ont pas attendu cette réforme pour formuler de nombreuses propositions, au sein du collectif « sauvons l’université » par exemple. Ce qu’ils contestent c’est cette réforme qui veut moduler le temps d’enseignement et de recherche en fonction de l’appréciation du président d’université. Ce système aurait pour effet de pénaliser les enseignants-chercheurs jugés « moins bons » en leur augmentant leur temps d’enseignement (et donc diminuant leur temps de recherche). Tandis que les enseignants-chercheurs jugés« très bons » verraient leur charge d’enseignement allégée. L’enseignement étant donc pensé comme une sanction.

En plus on augmente de façon exorbitante, dans la sillage de la LRU, le pouvoir des présidents d’université qui pourraient avoir un rôle déterminant dans la carrière des enseignants-chercheurs alors que les enseignants-chercheurs réclament un évaluation nationale et par leurs pairs, seul gage d’indépendance et d’impartialité de l’évaluation.

A cette question s’en ajoutent 3 autres :

  • la masterisation de la formation d’enseignant en substitution des IUFM, pour beaucoup une stratégie de diversion pour cacher les baisses alarmantes de postes aux concours. De plus les délais de mise en place sont trop courts pour que des maquettes pertinentes soient mises en place.
  • les inquiétudes fortes en matière de financement des universités, car derrière des effets d’annonce sur des augmentations de budget, les nouveaux critères pris en compte pour ces dotations financières sont très idéologiques et calqués sur les modèles des entreprises évaluent la « performance » des établissements. Alors que la communauté universitaire sait bien que ces critères sont inadaptés aux universités et que derrière ces discours les suppressions de postes au sein des universités sont massives.
  • le démantèlement des organismes de recherche (CNRS notamment) qui font craindre à tous la fin d’une programmation nationale de la recherche au profit d’une régionalisation des programmes de recherche et un financement par projet. Bien loin des besoins de la recherche mais très profitable à court terme au lobby patronal.

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