Université de Lille : quelques chiffres


Que sera réellement l’Université de Lille, dont la fondation est prévue d’ici 2019 ? Nul ne le sait. Mais, dans le but de faire (encore) de la comm dessus, les présidences des trois universités lilloises ont décidé de donner quelques éléments statistiques sur sa population étudiante actuelle.

Nous reprenons ici ce petit portrait statistique avec quelques commentaires. Ces chiffres ne concernent que Lille 1, Lille 2, Lille 3 et trois « grandes écoles » associées (Polytech, Télécom et l’IEP de Lille).

64.000 étudiant-e-s

Ce chiffre ferait de l’hypothétique « Université de Lille » fusionnée l’une des 5 premières de France. Un chiffre qui pose pas mal de questions quand seront abordées les « mutualisations » de services entre universités (handicap, étudiant-e-s étranger-e-s, relations internationales, vie étudiante, culture…). Et viendra ensuite l’épineuse question de la « représentation » : comment « représenter » / « gouverner » 64.000 étudiant-e-s ?

Origine géographique

Les étudiant-e-s étranger-e-s représentent 12% de l’effectif total et les étudiant-e-s hors-région 33%. Ces chiffres élevés contrastent avec le manque de logements étudiants accessibles (notamment au CROUS).

Boursier-e-s

Le taux de boursier-e-s est de 34,4% (si l’on exclut les étudiant-e-s en formation continue, et les étudiant-e-s étranger-e-s qui n’ont quasiment jamais droit aux bourses), légèrement au-dessus de la moyenne nationale. Ce chiffre est nettement plus faible que dans les autres universités de la région (Artois, Valenciennes, Littoral), ce qui confirme l’idée que l’Université de Lille sera davantage une « université de riches » en comparaison avec les autres universités de la région, moins bien dotées. Un constat qui aurait pu être accentué par une ventilation du nombre de boursier-e-s selon le niveau de diplôme : autrement dit, sont-ils/elles toujours nombreux-ses en master ? La « démocratisation » est-elle réelle ou en partie factice ?

Bacs d’origine

Les bachelier-e-s entrant en L1 ou en DUT1 sont environ 11.000 (9.500 en L1, 1.000 en DUT). En L1, la majorité (50%) est issue d’un bac S (20% ES, 15% L). Loin de l’ « invasion » décrite par certain-e-s (qui veulent imposer la sélection à l’université), les « bacs pros » ne sont que 7% et les « bacs technos » 10%. S’agissant des DUT, les bacs S sont toujours les plus nombreux-ses (40%), suivi-e-s des ES (30%). Les L sont marginaux/ales (5%, peu de DUT sont orientés dans ce domaine). Les « bacs technos » sont 25% mais les bac pros ne sont que 1,5%. Pourquoi ? Parce que, dans une convergence merveilleuse entre des directions d’IUT et le patronat, les DUT sont devenus des formations sélectives, mieux dotées qu’une autre formation universitaire, ayant pour vocation soit la poursuite d’études, soit la « production » de salarié-e-s peu diplômé-e-s mais bien qualifié-e-s.

Licences/Master

Plus de la moitié des étudiant-e-s sont en licence (près de 70% si on inclut les DUT et si l’on rapporte ce chiffre aux étudiant-e-s en formation initiale spécifiée). Ce chiffre est en partie inquiétant : il montre que nombre d’étudiant-e-s arrêtent à la sortie de leur licence ou en cours de celle-ci (sans diplôme donc). De fait, les étudiant-e-s qui continuent au-delà de la licence ne sont qu’un tout petit tiers. Un constat à rapprocher du taux de boursier-e-s.

Filières et féminisation

Les étudiant-e-s en sciences humaines, lettres et arts sont près de 20.000. Les étudiant-e-s en droit/éco/gestion sont plus de 17.000. Les étudiant-e-s en sciences sont 12.000, tout comme ceux/celles en santé alors que les étudiant-e-s en STAPS sont 2.000. Toutes les filières sont majoritairement féminines sauf les sciences et les STAPS (respectivement 32% et 28% contre 69% en lettres et sciences humaines et 56% en droit/éco par exemple). Néanmoins, des statistiques plus précises auraient permis sans doute de nuancer cette « féminisation apparente ». Continue-t-elle jusqu’au doctorat ? Voire même jusqu’au master ? Quel est l’effet des « filières sélectives » (médecine, écoles…) ?

Fusion

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