Lettre Ouverte à Xavier Bertrand : Par manque de Bourse, les étudiant.e.s lillois.es contraint.e.s de s’endetter, de voler, de ne pas manger à leur faim.


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Monsieur Xavier Bertrand, Président du Conseil Régional des Hauts de France,

Monsieur Nicolas Lebas, Vice-Président du Conseil Régional des Hauts de France à l’Enseignement Supérieur et à la recherche.

Le 23 septembre dernier par un communiqué nous vous alertions de l’extrême difficulté dans laquelle vous mettiez des centaines d’étudiant.e.s. En effet lors de votre arrivée au pouvoir cette année vous avez supprimé la Bourse Blériot, bourse qui devait permettre aux étudiant.e.s réalisant une année de mobilité internationale de subvenir à leurs besoins.

Vous aviez alors répondu qu’une autre bourse serait mise en place ; la Bourse Mermoz. Cette bourse nous l’attendons toujours ! La plateforme internet qui devait permettre d’y candidater n’est toujours pas en ligne, et un grand nombre d’étudiant.e.s à qui l’on avait promis la bourse Bleriot se retrouve sans rien.

Quand la bureaucratie régionale se décidera-t-elle de s’occuper des étudiant.e.s ?

Face aux situations alarmantes décrites par les étudiant.e.s se retrouvant sans ressources dans des pays lointains, nous vous enjoignons à répondre de manière immédiate et précise aux questions suivantes :

  • Quand la plateforme d’inscription à ces bourses sera-t-elle fonctionnelle ?
  • Quels seront les barèmes exacts d’attribution de ces bourses ?
  • Combien de bourses seront distribuées ?

Il n’est absolument pas envisageable que des demandes de bourses soient rejetées, vous devez avoir conscience que par la diminution annoncée de son montant vous mettez en danger direct de nombreux étudiant.e.s déjà parti.e.s à l’étranger.

Que répondez-vous, monsieur le président, à cette étudiante partie en Colombie dont les revenus sont insuffisant pour vivre et qui ne peut s’y salarier parce que son visa le lui interdit ? Doit-elle travailler illégalement 47H par semaine pour toucher les 200 euros que vous ne lui donnez toujours pas ?

Que répondez-vous à cet un étudiant qui en l’espace de trois mois a perdu 1650 euros de bourse, qui est aujourd’hui contraint de frauder les transports et de voler pour vivre dignement ?

Que répondez-vous aux parents forcés de s’endetter pour les études de leur enfant contractant toujours un crédit de plus sans savoir comment ils le rembourseront ?

Que répondez-vous à cet étudiant qui explique ne pas pouvoir survivre sans cette bourse et qui pense rentrer en France plutôt que de se tuer à étudier à l’étranger ? Et une étudiant.e qui prévoit de travailler dès qu’il/elle le pourra pour préparer sa futur année de mobilité, parce qu’elle sait au vu de la situation que cette année sera une année de survie ? Et cette étudiante qui est contrainte de changer son alimentation, de diminuer les quantités au détriment de sa santé ?

Ces quelques exemples sont les conséquences humaines de votre inaction. Ce sont des étudiant.e.s contraint.e.s de passer leur temps à tenter de gagner de l’argent pour vivre plutôt qu’à étudier. Doit-on vous rappeler que manger est un besoin primaire, que vous n’êtes pas capable d’assurer ? Et pour qui, même se salarier ne suffit toujours pas à vivre dignement. Est-ce là votre vision de l’enseignement supérieur ? .

Que répondez-vous alors, à toutes ces étudiantes et étudiants qui à travers tous leurs témoignages racontent la même peur, la même angoisse, le même sentiment d’humiliation ?

Votre vice-président à l’ESR déclarait il y a peu : (j’aimerais que ) «  ces étudiants nous fassent un retour, qu’ils nous racontent ce qu’ils ont fait quand ils reviennent, ce que ça peut apporter à l’économie régionale, pour donner envie à ceux qui suivront d’aller découvrir le vaste monde. »

Eh bien voilà, ils et elles ne vous parlent ni de l’enrichissement de l’économie régionale, ni de découvrir le monde, ils/elles vous parlent de leur extrême misère et de votre incroyable incompétence.

Dans l’attente de votre réponse et de nos bourses,

Sud Solidaires Etudiant.e.s Lille

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