CMI du 28 février 2019 : partir à l’étranger, c’est toujours la galère !


Le 28 février dernier s’est tenue la Commission de Mobilité Internationale (CMI), qui décide des attributions de bourses de mobilité, à laquelle nous avons participé.

 

C’est quoi la CMI?

La CMI est composée de 8 membres ayant voix délibérative. Elle est présidée par Mme. Figueredo la directrice générale des services. Le directeur des relations internationales M. Mardellat, ainsi que deux responsables de la mobilité Mme. Bazin et M. Dumetz étaient aussi présent.e.s. Le directeur de l’IEP M. Mathiot a également fait acte de présence avant de s’éclipser. Nous n’étions que 3 élu.e.s étudiant.e.s : 1 élu Solidaires Étudiant.e.s et deux élu.e.s Avenir SPL, l’élue NOUS nous ayant donné procuration.

Cette commission traite les dossiers de quatre types de bourses, même si elles ne sont pas prises sur le budget de IEP : la bourse sur fonds propres (donc qui vient directement du budget de l’IEP), la bourse Erasmus + de l’Union Européenne, la bourse Mermoz de la Région et la bourse AMI du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Etats des lieux de la commission : un fonctionnement bancal, opaque et défavorable aux étudiant.e.s

 

43 dossiers ont été déposés, dont 37 ont été considérés comme valides et complets par la Commission : une situation révélatrice d’un manque de clarté des procédures à adopter afin d’obtenir les bourses. Ces dossiers concernaient principalement la mobilité d’étudiant.e.s en 5A. Comme il est d’usage à l’IEP de Lille, la direction a encore imposé son manque de transparence et d’informations sur les dossiers. Comment calculer les besoins d’un.e étudiant.e si l’on ne dispose pas d’autres informations que son salaire et celui de ses parents ? Comment attribuer une bourse à un.e étudiant.e.s sans connaître ses besoins précis ? L’absence de tranches dans les montants forfaitaires était également une difficulté pour juger de manière juste. Nous avons dû à nouveau composer avec ces obstacles habituels, lors de notre réunion de préparation de la CMI du 28 février, sachant que nous avons reçu les dossiers seulement 4 jours avant.

 

Un manque de soutien envers les étudiant.e.s défavorisé.e.s : pas la peine de rêver du Canada !

 

Sciences Po Lille accorde une certaine somme d’argent à ses étudiant.e.s en mobilité, mais elle reste très limitée. Pour 37 étudiant.e.s, l’IEP dispose seulement de 20 000€ d’AMI (Aide à la mobilité internationale du Ministère de l’Enseignement Supérieur), seulement 134 semaines de Mermoz (une bourse attribuée par la région), soit assez pour seulement environ 5 stages de six mois (la durée habituelle des stages de 5A). De plus, les membres de la Commission ont paru, durant cette séance, assez réticent.e.s à dépenser l’argent sur des bourses sur  fonds propres de l’IEP. Il a été très compliqué de négocier avec elleux.

L’intégralité des étudiant.e.s ayant demandé une bourse Erasmus l’ont obtenue, ce qui est bien évidemment un succès, mais relève plus du fait que l’IEP se doit de dépenser l’intégralité de son enveloppe de bourses Erasmus, plutôt que d’une soudaine générosité de la part de la direction… De même, l’intégralité de l’enveloppe de bourses Mermoz a été distribuée, mais pour un résultat bien plus modeste, avec un financement par personne à hauteur de 400€ par mois, pour quatre stages de six mois et pour deux stages de trois mois. L’attribution des autres bourses a été, à l’inverse, limitée, puisque seuls 10 600€ des bourses sur fondes propres ont été distribués à 13 étudiant.e.s, soit en moyenne environ 815€ par étudiant.e, une somme limitée pour six mois de stage à l’étranger. Quant aux bourses AMI, leur nombre dispensé a été encore moindre, avec 6000€ pour quatre étudiant.e.s.

 

Des inégalités infondées entre la filière générale et les filières étrangères

 

Lors de la lecture du premier dossier, concernant un.e étudiant.e.s en Filière Franco-Britannique, l’un des principaux problèmes de fonctionnement de la CMI a surgi : celui du traitement des demandes de bourses des étudiant.e.s en FIFA, FIFB, et FIFE, qui ne disposent toujours pas de l’accès à la bourse sur fonds propres de l’IEP. Les dégâts sont limités pour la Filière Intégrée Franco-Allemande (FIFA), dans laquelle les étudiant.e.s disposent de la bourse particulière de l’UFA (Université Franco-Allemande), mais les étudiant.e.s de la Filière Intégrée Franco-Espagnole et de la Filière Intégrée Franco-Britannique étudient dans des établissements qui ne dispensent pas de bourses, alors que leurs frais d’inscriptions sont très onéreux.

 

Pour conclure:

 

Le bilan de la CMI du 28 février 2019 est malheureusement similaire aux bilans des précédentes CMI : Sciences Po Lille met en place encore trop peu de moyens pour ses étudiant.e.s en mobilité, alors que celle-ci est obligatoire. Si le montant des bourses régionales ou ministérielles est insuffisant, du fait du désengagement de l’Etat, toutes les demandes de bourses Erasmus ont été acceptées. Ce n’est pourtant pas non plus une satisfaction puisqu’il y a 3 ans tou.te.s les étudiant.e.s de l’IEP pouvaient bénéficier de la bourse Erasmus sans conditions de ressources. Pourquoi? L’autonomie de l’IEP vis-à-vis de l’Université a mené l’école à rompre le partenariat international avec (ex)-Lille 2. : de ce fait, l’IEP est maintenant considéré comme un établissement à part entière, alors qu’il était avant rattaché à (ex)-Lille 2. Or, l’octroi des bourses Erasmus ( calculées en mensualités) dépend de la taille de l’établissement : Lille 2+ IEP obtenaient donc beaucoup plus de bourses, car comprenant beaucoup plus d’étudiant.e.s, que l’IEP de Lille seul.e et ses 1000 étudiant.e.s. Avec cette “autonomie”, nous avons donc perdu de nombreuses mensualités mais aussi des partenariats, car cela a été l’occasion pour certaines universités à l’étranger de les renégocier voire de les supprimer.

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