IEP: Un CA budgétaire …. sans débat budgétaire !


UN CA BUDGETAIRE SANS DEBAT BUDGETAIRE : 

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Le 14 Décembre avait lieu le second Conseil d’Administration de l’année universitaire, sans doute le plus important, puisque nous y avons voté le budget pour l’année 2018. Ce fut également le premier CA de nos nouveaux.elles élu.e.s étudiant.e.s, et de ceux et celles des autres listes

 

Budget :

 

Après une rapide présentation des membres du CA et un vote du procès-verbal du CA du 12 octobre dernier, le Conseil d’Administration démarre sur les chapeaux de roue avec la thématique la plus importante de l’année: le vote du budget de Sciences Po Lille pour l’année comptable 2018. Comme tous les ans le budget avait été fourni en amont aux membres du CA et nous avions pu l’étudier et préparer un certain nombre de remarques. Sans surprise, le constat est le même que celui des années précédentes: le budget, présenté sous forme de quelques tableaux comptables, reste flou pour les profanes et ne permet pas à tous les membres du CA de comprendre clairement les enjeux financiers pourtant fondamentaux de notre établissement.

Malgré tout, force est de constater que Sciences Po Lille est encore une fois contraint de financer plus de la moitié de son budget sur son fonds propre (  54% soit 2 961 390 euros sur 5 462 963 euros de budget total) , c’est à dire par des partenariats avec des institutions privées, grâce à la taxe d’apprentissage ou de la formation continue adressée aux entreprises, et enfin par nos frais d’inscription. Nous entendons que la dotation de l’Etat est largement insuffisante (1 387 158 euros soit 25,4% du budget seulement) pour financer convenablement notre établissement, mais à la place de revendiquer un enseignement totalement et parfaitement public uniquement financé par le ministère de l’Enseignement Supérieur la direction de Sciences Po Lille préfère rentrer allègrement dans la logique de privatisation du savoir déjà largement défendue par la majorité politique actuelle. Encore une fois nous tenons à rappeler les conséquences de cette logique mortifère: en obtenant toujours plus de financement par le privé, notre école pousse l’Etat à se retirer progressivement du budget. Comme tous les ans nous avons donc décidé de voter contre ce budget. Sciences Po Lille n’a ni à se faire financer par des entreprises privées ni par les familles des étudiant.e.s. En tant qu’institution nous devons rappeler à l’Etat que la première colonne de l’enseignement public est bien son financement…public.

 

Finalement, si nous votons toujours contre le budget, et si nous avons encore voté contre cette fois-ci, c’est pour souligner notre engagement contre la privatisation de l’enseignement supérieur, contre une vision entrepreneuriale de l’IEP. Nous rappelons que les membres du personnel (non-enseignant) sont plus nombreux.ses à être embauché.e s en CDD qu’en CDI, ce qui en pousse donc certain.e.s dans une relative précarité.( Et ne sont pas tou.te.s fonctionnaires mais payé.e.s sur budget propre, contrairement à ce que certain.e.s croient).

 

Pour les chiffres : ce sont 17.83 équivalents temps plein à Sciences Po qui sont en CDD ! Sur 25.96 équivalents temps plein de personnel administratif. Ce qui signifie que 68,68% du personnel de Sciences Po Lille est en CDD.

 

De plus, les frais d’inscription, s’élevant à 2 575 620 euros, représentent une source trop importante du financement de l’IEP. En effet Sciences Po est bien financé à 47,1% par nos frais d’inscription.  Sciences Po Lille comme tout établissement d’enseignement public devrait être subventionné par l’État. Nous n’avons pas à  marchandiser nos savoirs par la formation continue ou chercher de l’argent dans le secteur privé pour pouvoir étudier dans des conditions décentes.

 

Plus précisément, le débat sur le budget a d’abord été ponctué par des questions d’éclaircissement, issues de nos rangs mais aussi des représentant.e.s des enseignant.e.s qui eux et elles ont choisi de s’abstenir.

Cédric Passard est revenu notamment sur le manque de clarté et de transparence des documents distribués en amont. Il souligne par exemple le manque de transparence de la partie “communication”: rien n’est précisé sur les investissements en communication pour l’année qui vient. On nous demande de voter un chiffre sans comprendre ce qu’il peut signifier matériellement dans les futurs achats de l’établissement. Il ajoute également que de nombreuses universités telles que celle de Bordeaux publient des budgets plus détaillés et transparents qui sont facilement consultables sur Internet. Il serait bon que Sciences Po Lille s’en inspire afin de permettre un débat réel des membres du CA sur nos choix financiers. En effet, rien n’est réellement détaillé. Comment donner notre accord sur telle ou telle dépense en communication si nous ne savons pas ce qu’il est réellement prévu d’acheter ? Des écrans plasmas ou une table numérique inutile pour décorer le hall  ? Rien n’est explicité. Le budget est toujours présenté de telle façon qu’il est difficile de le remettre en question, tant il est présenté comme « parfait » et « à l’équilibre », alors que tout nous est caché. Pourtant, il existe des exemples d’universités présentant publiquement un budget très détaillé, comme celui de l’université de Bordeaux, cité par Monsieur Passard. Mais visiblement, l’administration préfère ne pas s’embarrasser d’une telle transparence… Pierre Mathiot nous explique alors qu’il suffirait d’aller voir Madame Lenoir pour avoir tous les documents mais que ces derniers ne sont pas distribués aux membres du CA car ce serait soi-disant une liasse de 200 pages trop longue et trop compliqué pour les membres du CA…

 

Belle conception de la démocratie que de considérer que c’est “trop compliqué” pour les élu.e.s. Sans doute la direction préfère-t-elle gérer ça tranquillement dans son coin.

 

Nous avons ensuite soulevé la question du budget alloué aux heures complémentaires, qui s’élève à 1 158 503 euros et qui pourrait potentiellement être employé pour embaucher du personnel supplémentaire, et ainsi soulager les personnes chargées de faire des heures supplémentaires. Pourquoi ne pas affecter ce nouveau personnel à la mobilité internationale ? Seul.e.s 3 membres de l’administration y sont affecté.e.s actuellement, et sont en sous-nombre, de leurs propres aveux, par rapport aux nombreuses sollicitations des étudiant.e.s à l’étranger. Cette insuffisance est à l’origine d’une bonne partie des problèmes liés à la mobilité en 3e année.
Réponse de M. Lascombe : Ces embauches ne seraient pas autorisées par la loi actuellement, c’est pourquoi ces heures supplémentaires sont effectuées par des professeurs d’université.

 

Pourtant parmi les postes que nous avons obtenus du ministère récemment, il nous a été indiqué que certains emplois n’étaient pas encore pourvus …

Associations étudiantes : fin de non recevoir de la direction. 

Puis est venue la question du budget des associations étudiantes. La majorité des étudiant.e.s le savent: le budget des associations est largement insuffisant à Sciences Po Lille. Alors que l’administration n’a de cesse de revendiquer le modèle des grandes universités américaines et de mettre en avant l’engagement associatif de ses étudiant-e-s dans ses outils de communication l’enveloppe associative s’élève cette année à 49 600 euros pour une demande d’environ 60 000 euros… Elle a certes augmenté depuis quelques années mais le financement est bien dérisoire au vu des besoins des associations. De plus, l’administration a apparemment décidé de manière unilatérale de faire financer le tri sélectif dans notre établissement par les associations étudiantes en reléguant la question à La Ruche… Nous avons donc logiquement demandé une augmentation de l’enveloppe allouée aux associations.

Pourtant ni le tri des déchets, ni la question de l’enveloppe de la CVA n’ont capté l’attention de nos cher.e.s administrateur.rices, qui nous ont à peine répondu et ont souhaité passer au point suivant aussitôt ! Quel plaisir de voir que les voeux des étudiant.e.s prennent une place si peu importante dans les intérêts budgétaires de l’IEP.

 

Affaires financières :

De manière assez rapide, le directeur M.Lengaigne a abordé la question des amortissements financiers des investissements. Encore une fois un petit document peu détaillé nous fournissant juste des dates d’amortissement pour chaque type d’investissement.
N’ayant pas plus d’infos que cela nous avons préféré nous abstenir.

 

Toutefois nous aimerions quand même savoir à quoi vont servir les 50 000 euros budgétés sur du “mobilier”, ou encore les environ 150 000 euros d’immobilier …

 

Fonctionnement institutionnel : 

 

Il y a eu un court point sur l’I-SITE (pour lequel il s’agissait juste de modifier une formulation dans le texte), auquel nous avons rappelé être opposé.e.s pour les mêmes raisons que nous étions contre l’IDEX (favorisation de la concurrence entre les universités, des fusions d’universités poussant à la recherche de l’excellence plus qu’à celle du bien être des étudiant.e.s…)
Cf nos différents articles :

(http://www.sudetudiantlille.org/2015/11/vous-aimez-la-competition-vous-avez-adore-le-crit-decouvrez-lidex/)

http://www.sudetudiantlille.org/2017/11/iep-conseil-dadministration-du-12-octobre-elitisme-grandes-ecoles-cour-des-comptes-et-darmanin/ )

La Charte égalité femme Homme enfin votée ! Après 3 ans de lutte … 

La charte, rédigée par un groupe de travail constitué d’étudiant.e.s (dont des élu.e.s Sud et Up), des enseignant.e.s et des membres du personnel a été adoptée, et à l’unanimité ! Il en aura fallu, du travail, mais surtout du temps pour arriver à ce résultat.

Rappelons que nous avions présenté une charte égalité pour la première fois dans un conseil d’administration en 2014 ! Il aura donc fallu 3 ans pour que celle-ci soit enfin votée, le changement c’est maintenant à Sciences Po Lille … enfin lentement.

Seule remarque que nous avons soulevée quant à celle-ci : il faudra bien veiller à sa bonne application, et tout de suite définir des échéances afin de ne rien laisser passer, d’autant que la charte prévoit que l’administration s’engage à “donner les moyens nécessaires à l’application de cette charte”. Sujet bouclé rapidement par M.Lascombe : « Mais non, attendez que le directeur nomme le/la référent.e, enfin ! « . Ce sera la seule réponse de la soirée !

 

Nous sommes heureux.ses d’apprendre que le directeur compte nommer le.a référent.e  sans même en discuter avant avec les représentant.e.s étudiant.e.s.

 

Le texte final de la Charte égalité de genres est disponible ici: http://www.sudetudiantlille.org/2017/12/iep-la-charte-degalite-de-genres-finale/

 

Cafétéria / cafétéria autogérée :

 

Il s’agissait d’un point que nous avions ajouté à l’ordre du jour et nous devions le défendre, à l’aides des élu.e.s Up.
Nous avons ainsi pu faire un point au sujet de la Cafétéria autogérée en prenant comme référence le projet CAFéS à Sciences-Po Paris. Nous avons mis en avant les éléments dont nous avait fait part la Ruche afin de mieux expliquer cette initiative (puisque Benoit Lengaigne en pré- CA nous avait avoué qu’il n’était pas au courant de grand chose)
Benoit Lengaigne a insisté sur les règles d’hygiènes et a émis des doutes sur la possibilité d’établir une cafétéria autogérée de manière pérenne dans l’établissement, comme CAFéS à Sciences-Po Paris, étant donné que c’est grâce à son statut particulier que cet établissement a pu la mettre en place.

Mais nous avons surtout eu le droit pour réponse aux moqueries de Pierre Mathiot sur le projet, arguant que ça lui faisait plaisir qu’on prenne en exemple Sciences Po Paris, là où les frais de scolarité peuvent dépasser 10 000 euros. Aucun argument sur le fond, seulement des moqueries qui montre encore une fois le mépris vis-à-vis des élu.e.s SUD. (Qui cache peut-être un peu de peur du syndicat …?)

Au final, à la CHSCT, qui a eu lieu le lendemain, Lengaigne a dit qu’il organiserait une réunion à ce propos avec La Ruche. C’est bien ça progresse, mais nous le rassurons nous ne diminuerons pas la pression ici comme ailleurs tant qu’une solution n’aura pas été trouvée.

 

Bibliothèque :

 

Benoit Lengaigne a rappelé brièvement les problèmes de la nouvelle BU et notamment le manque de places (évoquant même des débuts de bagarre) et nous a asséné qu’il était en discussion avec la mairie pour récupérer les étages supérieurs en échange d’une valorisation du patrimoine puisque selon lui la seule chose que propose la mairie pour l’instant c’est de racheter les étages supérieurs pour 2.7 millions d’euros ou de les louer pour un loyer exorbitant.
Au final, très peu soucieux d’instaurer un débat, Lascombe bouclera rapidement le sujet en affirmant “qu’on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif” en parlant de la mairie et de son refus de céder le reste de la BU et Pierre Mathiot propose (d’une manière ironique ?) que les élu.e.s étudiant.e.s aillent voir Martine Aubry.

 

Ce à quoi nous sommes tout à fait prêt.e.s, si Pierre Mathiot veut bien avoir la gentillesse de nous organiser une rencontre.

 

Etudes, scolarité et concours :

 

Concours en 1A :

 

Nous n’avons pas eu le temps de développer notre position sur les frais de concours car le président de séance, M. Lascombe ne nous a pas laissé prendre la parole, tout pressé par le temps qu’il était (avant 20h). Mais après une forte insistance, nous avons finalement pu nous exprimer pour rappeler la raison de notre vote : Si nous votons contre le règlement du concours, c’est car nous estimons que celui-ci coûte trop cher : 180 euros pour les non-boursiers et 60 euros pour les boursiers. Ces sommes font partie intégrantes du budget des différents IEP mais viennent des poches de 90% d’étudiant.e.s qui n’auront jamais accès à ces IEP ! De plus, de nombreux.se.s étudiant.e.s passent plusieurs concours, et le prix de tous ceux-ci accumulés peuvent aboutir à des sommes exorbitantes.

Mais surtout, cela rajoute un critère discriminant au concours, encore plus difficile d’accès pour les personnes n’ayant pas les moyens, qui sont de fait moins incitées à s’inscrire à un concours qu’iels ne sont même pas sûr.e.s d’avoir.

Le souhait que nous voulions remonter en votant contre, c’était donc une suppression des frais de concours, ou à minima, la gratuité pour les boursiers et une baisse du tarif pour les autres.

Nous avons donc voté contre la convention pour l’organisation du concours ainsi que le règlement de ce même concours (contenant notamment les frais d’inscriptions au concours).

Il a été également question d’un concours d’entrée direct en 4A FIFA. Sur les mêmes bases financières nous avons voté contre ce nouveau concours.
Enfin il a été question d’une modification du règlement des études afin de permettre aux étudiants en master d’étudier dans un ENS par la suite. Etant donné la proportion infime de personnes touchées par ce cas de figure cela ne nous paraissait pas forcément nécessaire de changer le règlement des études alors que cela peut être arrangé au cas par cas.

 

Système de notation des 1A :  « Ne vous inquiétez pas »  vous dit Benoit Lengaigne, sinon circulez y a rien à voir. 

A la suite du questionnaire que nous avons publié sur le mur de promotion des premières années, ou nous avons obtenue plus de 140 réponses, nous pouvons clairement affirmer que  80% des étudiant.e.s sont contre le nouveau système mis en place. Ce dernier n’a pas été poussé  jusqu’au bout et aujourd’hui nous sommes face à un système hybride inefficace. Les notes ne sont au final que transposées en lettre. Mais ce qui ressort avant tout est le manque évident d’harmonisation au sein du corps enseignant. Certain.e.s notent en lettres, d’autres en chiffres, d’autres en chiffre puis en lettre. Les pratiques divergent beaucoup en fonction des enseignant.e.s. La plupart ont compris le fait que F correspond à une note entre 0 et 8. Ainsi, un 2 ou un 7,5 ont la même valeur. Il faudrait donc au strict minimum une harmonisation du système. Mais il faut absolument engager un changement dans ce système qui ne fonctionne pas. Cela a été vendu comme moins arbitraire et moins pressant mais au final nous avons l’effet inverse. Les étudiant.e.s sont stressé.e.s et ont peur pour les partiels (notamment en raison de l’intervention quelques jours avant de M.Hastings affirmant qu’il n’hésitera pas à mettre des F donc des 0)

Malgré tout l’inquiétude autour de cette question de la part des étudiant.e.s, la réponse des administrateur.ice.s a été assez faible.

“Ne vous inquiétez pas, on prend en compte les préoccupations qui émanent des étudiant.e.s de première année” nous a répondu Lengaigne.

Sauf qu’il n’y a aucune solution réelle qui a été émise. M. Lascombes nous a juste dit qu’il n’est pas possible de changer le règlement des études pour l’année en cours car cela est illégal.

Reste à voir si l’administration prendra réellement en compte les préoccupations. Au détour d’une discussion à la fin du CA, M. Benchendikh nous a affirmé qu’il y aurait une discussion avec les enseignants afin d’établir des grilles de compétences précises. Mais aucune infos sur les dates ou même sur la notation pour les partiels.

 

Réponse : “ Ne vous inquiétez pas”. Décidément la direction ne semble pas avoir envie de s’occuper des étudiant.e.s !

 

Mobilité mixte : Un autre sujet chaud, une autre fin de non recevoir. 

Dans l’après-midi qui a précédé le CA, la panique s’est installée dans la promo 2021. Suite à l’inquiétude des étudiant.e.s et à l’incompréhension de celles et ceux s’étant vu refuser leur mobilité mixte sans explication, même lorsque leur dossier était cohérent, nous avons lancé un questionnaire sur le groupe de promo afin de recueillir les avis des personnes concernées, et nous leur avons promis que nous interviendrions lors du Conseil pour avertir l’administration du problème, ce à quoi les élu.e.s Up! se sont empressé.e.s de répondre qu’ils feraient de même.

Avant de lancer le sujet, nous avons tenu à demander par message à Up! si leur soutien fièrement affiché sur Facebook tenait toujours au moment critique, face à l’administration. Mais en dépit de leur soutien affirmé sur Facebook, puis sur Messenger en plein CA, nous nous sommes retrouvé.e.s seul.e.s à ferrailler contre Benoit Lengaigne et Michel Lascombe  La réaction des élu.e.s Up ? Un silence retentissant.

 

Plus embêtant : La direction aussi a préféré garder le silence sur la question, et en dépit de nos efforts nous n’avons pas pas réussi à leur faire dire un mot sur le sujet. La direction, toujours plus déconnectée des inquiétudes de ses étudiant.e.s.

 

Direction des relations internationales :

 

Nous avons à nouveau exprimé notre opposition aux tarifs de la Summer School, en effet ceux ci s’élèvent à 2000 euros pour le programme complet par étudiant.e.s et 1200 euros pour le programme partiel ! Pour moins d’un mois de cours c’est absolument exorbitant. Et même pour les étudiant.e.s de Sciences Po Lille le tarif est tout de même de 800 euros.
Cette Summer School nous mène toujours plus vers la privatisation et la marchandisation des IEP. Il s’agit de faire du bénéfice pour palier au désinvestissement de l’Etat. Réaffirmons le encore une fois : le savoir n’est pas une marchandise, l’enseignement publique pas une entreprise.

 

Réseau : 
Tremplin :

 

Dès la réunion de préparation du CA entre les élu.e.s étudiant.e.s et le directeur, l’idée du renouvellement du “label Sciences Po” accordé à la prépa Tremplin IEP par le réseau des 7 IEP a été abordée. L’idée est d’attribuer à nouveau une reconnaissance officielle à Tremplin, qui est l’une des moins chères sur le marché des prépas IEP, “qui est un très méchant marché” (Dixit Benoit Lengaigne)

Nous nous sommes abstenu.e.s sur ce vote (contrairement à ce qui a été relayé par les membres de Up), car si la volonté de réguler le marché pour l’accession à un IEP, et ainsi réduire les inégalités au sein de ceux-ci est louable, ça n’est pas suffisant: Il ne s’agit que d’une simple régulation d’un marché hyper-concurrentiel, une solution provisoire qui ne fera pas disparaître la sélection sociale opérée par le prix des différentes formations de préparation au concours commun, et par le concours lui-même. Il faut rappeler que Tremplin coûte quand même la bagatelle de 310 euros pour les boursier et 520 euros pour les non boursiers. Nous proposons une solution alternative, pour efficacement favoriser l’accession des classes populaires aux IEP; la mise en place par le réseau des 7 IEP d’une prépa en ligne gratuite, ouverte à tou.te.s les lycéen.ne.s souhaitant passer le concours, sur le modèle du programme PEI. Mais le débat sur ce point a été particulièrement tendu, puisque les autres membres du CA ne semblaient pas vouloir entendre un autre point de vue que le leur, et nous ont pressé de finir, sans nous écouter.
Mais surtout au delà du fait de ne pas vouloir nous écouter, nous avons encore une fois reçu une avalanche de mépris de la part de l’administration mais également des élu.e.s Up. Notre cher Pierre Mathiot s’est fendu (entre autres remarques) d’un “C’est devenu Sud de droite” et un élu Up nous a gratifié d’une comparaison nauséabonde en nous affirmant que “C’est plus Sud, c’est le GUD”. Il est bon de rappeler que le GUD est une organisation paramilitaire d’extrême-droite, qui a été condamnée à plusieurs reprises pour des actes de violence et de racisme, et que de tels comparaisons n’ont pas leur place en CA.

 

Questions diverses :

 

Pour aller jusqu’au bout de leur logique visant à ne pas nous laisser parler, quand est venu le moment de discuter d’un point que nous avions ajouté à l’ordre du jour, le système d’absences, tout est allé si vite qu’aucune prise de note n’a été nécessaire pour effectuer cette partie du compte rendu.

En effet, nous demandons depuis plusieurs années une réforme du système d’absences actuel, et attendions de ce C.A au moins une réflexion à ce sujet. Les trois absences autorisées par semestre sont très difficiles à respecter ou à justifier pour bon nombre d’étudiant.e.s, qui peuvent avoir maintes raisons de ne pas aller en cours, que ce soit pour des problèmes psychologiques, familiaux ou pour de quelconques autres problèmes personnels ou même de santé qu’il n’est pas toujours facile d’aller justifier devant un médecin. De plus, ce système est infantilisant dans le sens où il nous oblige à répondre de nos actes devant l’administration, ne nous laissant ainsi pas gérer nos propres responsabilités  quand pourtant nous sommes des étudiant.e.s, n’ayant normalement plus besoin d’être sous tutelle permanente.

L’administration reste pourtant très ferme quant à ce système, qu’elle refuse catégoriquement de remettre en question, même face à l’exemple du système d’absence de Lille 2 où 2 absences par conférence de méthode sont autorisées. M. Lengaigne nous a juste répondu qu’il “engagerait une réflexion à ce sujet” afin de rapidement nous faire taire, information qui s’est avérée fausse dès la fin du C.A., puisque celui-ci est directement venu nous voir, en nous disant qu’il ne le ferait bien évidemment pas, ce à quoi nous aurions aimé répondre de façon publique pendant le C.A., et non de manière informelle, si nous n’avions pas été pour la enième fois coupé.e.s pendant le conseil.

Nous notons par ailleurs la crédibilité d’un directeur qui ne dit pas ce qu’il pense en Conseil d’administration.
Pour finir le CA, les membres de Up ont partagé leur idée d’introduire la possibilité de voter par procuration lors des Commissions de la Vie Associative. A priori ce changement se fera assez rapidement puisqu’il n’y a pas de réelles oppositions.

 

A la prochaine, pour de nouvelles aventures !

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